Chanter la vie quotidienne avec humour, sur fond de percussions et de chœurs : c’est la recette du zouglou, l’un des genres les plus identitaires de Côte d’Ivoire. Né sur un campus universitaire, il est devenu en quelques années la voix de toute une jeunesse.
Les origines : chants de supporters et campus de Yopougon
Selon Music In Africa, le zouglou plonge ses racines dans des chants de comités de supporters, écrits dans les années 1980 lors de compétitions sportives scolaires, et dans des styles traditionnels. Des étudiants du campus de Yopougon, rattaché à l’université de Cocody, en font une danse et un mouvement en 1990, en signe de protestation contre les coupes budgétaires dans l’éducation. Quant au mot lui-même, une explication souvent avancée le rattache à une expression baoulé évoquant des gens entassés comme des ordures, en référence aux cités universitaires surpeuplées.

Première génération : Gboglo Koffi et Zougloumania
En 1991, le groupe Les Parents du Campus sort l’album « Zougloudance », dont le titre « Gboglo Koffi » devient un classique : d’après Fraternité Matin, il se serait vendu à plus de 90 000 exemplaires en quelques semaines. La même année, Poignon et Bouabré, de Zougloumania, marquent les esprits avec l’album « Zomamanzo » et le titre « Kappa ». Les groupes se multiplient et le zouglou gagne les quartiers populaires d’Abidjan.

Les années 1990 : satire et danses
Au milieu de la décennie, une deuxième génération prend le relais, plus satirique et plus engagée. Les Poussins Chocs, qui deviendront Yodé et Siro, brocardent l’actualité, tandis que Les Salopards connaissent un immense succès avec « Bouche B » (1995), vendu à plus de 200 000 cassettes selon Fraternité Matin. En 1996, Les Djigbôs imposent le « Kpaklo », une danse qui fait le tour du pays. Gnakpa, kpaklo, mapouka : le zouglou nourrit aussi toute une famille de pas de danse.

Magic System et la reconnaissance internationale
Formé à Abidjan en 1996, Magic System sort l’album « Premier Gaou » en 1999. Le titre devient l’un des plus gros succès de l’histoire de la musique ivoirienne puis, remixé par Bob Sinclar, séduit le public français : le single a atteint la quatrième place du classement français et a été certifié disque d’or. Le groupe a ainsi ouvert la voie à une visibilité mondiale pour le zouglou.
Une musique qui s’adapte
À partir de la fin des années 2000, la piraterie et la fermeture d’un grand label obligent les artistes à privilégier les concerts dans des lieux accessibles, comme les maquis. Le zouglou garde pourtant sa marque : un langage direct, nourri de nouchi, qui parle des difficultés des étudiants, des préjugés ethniques et des inégalités, tout en critiquant les puissants. C’est ce qui en fait une musique rassembleuse, au-delà des appartenances.
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Source : Music In Africa, Fraternité Matin, Wikipédia (articles « Zouglou » et « Magic System »).
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