Certaines maisons de disques ont fait plus que vendre des chansons : elles ont changé la façon dont on écoute la musique. Motown, née à Detroit à la fin des années 1950, est de celles-là. Voici l’histoire d’un label devenu une légende de la soul.
Un label né à Detroit
La maison de disques est fondée en 1959 par Berry Gordy Jr. Elle commence sous le nom de Tamla Records, le 12 janvier 1959, avant que le nom Motown ne soit ajouté plus tard dans l’année. Ce nom est une contraction de « Motor Town », surnom de Detroit, la capitale américaine de l’automobile. Gordy, qui connaît bien l’univers des usines, rêve d’appliquer à la musique une rigueur comparable.

Hitsville U.S.A., le quartier général
Le premier siège de l’entreprise, installé sur West Grand Boulevard à Detroit, porte un surnom qui dit tout : « Hitsville U.S.A. ». Dans ce petit bâtiment, auteurs, compositeurs, musiciens et chanteurs travaillent les uns à côté des autres, enregistrent, répètent et peaufinent les morceaux. Cette organisation en équipe donne au label une identité sonore immédiatement reconnaissable.

Un catalogue de légendes
La liste des artistes de Motown ressemble à un panthéon de la musique populaire : Stevie Wonder, The Supremes, The Marvelettes, Marvin Gaye, The Four Tops, Martha Reeves and the Vandellas, The Temptations ou encore The Miracles. Chacun apporte sa couleur, de la douceur romantique aux textes plus engagés. L’album « What’s Going On » de Marvin Gaye, sorti en 1971, est souvent cité comme l’un des sommets de cette période.

Un son pour tous les publics
Ce qui frappe en réécoutant ces morceaux, c’est leur efficacité : des mélodies limpides, des lignes de basse qui font danser, des refrains qu’on retient dès la première écoute. Le label a su toucher un public très large, bien au-delà de sa communauté d’origine, et a imposé la soul comme musique populaire à l’échelle du pays, puis du monde.
Le départ pour Los Angeles et l’héritage
En 1972, Motown quitte Detroit pour s’installer à Los Angeles. L’aventure continue, mais le mythe de Hitsville reste attaché à la ville d’origine. Aujourd’hui, on retrouve l’esprit de Motown dans la pop, le R&B et même le rap, qui échantillonne régulièrement ces classiques. Pour un auditeur ivoirien, c’est une excellente porte d’entrée vers la musique américaine : accessible, chaleureuse, et irrésistiblement dansante.
Pour prolonger l’expérience, essayez une écoute thématique : commencez par les voix féminines du label, avec The Supremes, The Marvelettes et Martha Reeves and the Vandellas, puis passez aux groupes masculins comme The Temptations, The Four Tops et The Miracles. Terminez avec Stevie Wonder et Marvin Gaye, dont les albums montrent comment la soul a progressivement gagné en liberté et en ambition.
Pour d’autres histoires de labels, d’artistes et de genres, parcourez la rubrique Musiques du magazine.
Source : Detroit Historical Society.
Écoutez et regardez en arrière-plan, recevez les nouveautés en premier et retrouvez vos favoris.
▶ Google Play App Store
























