Tendances
Musique américaine

Aux origines du hip-hop : la fête du Bronx de 1973

Retour sur la soirée du 11 août 1973 dans le Bronx, quand DJ Kool Herc a posé les bases d'un mouvement musical devenu planétaire, jusqu'à Abidjan.

Un DJ aux platines devant un public enthousiaste pendant une soirée

Le hip-hop est partout : dans les playlists, dans les stades, dans les maquis et les studios d’Abidjan. Pourtant, ce mouvement mondial est né dans une simple salle commune d’immeuble, un soir d’été new-yorkais. Remontons le fil de cette histoire.

Une fête dans un immeuble du Bronx

Le 11 août 1973, au 1520 Sedgwick Avenue, dans le Bronx, une soirée est organisée dans la salle commune de l’immeuble. L’hôtesse, Cindy Campbell, voulait mettre un peu d’argent de côté pour s’offrir de nouveaux vêtements et avait loué la salle pour 25 dollars. Aux platines, on trouve son frère Clive Campbell, que le monde connaîtra bientôt sous le nom de DJ Kool Herc. Coke La Rock l’accompagne au micro. Beaucoup d’historiens voient dans cette fête l’acte de naissance du hip-hop.

Un danseur de hip-hop en pleine figure acrobatique
Illustration — Photo : Breakreate / Unsplash

Un Jamaïcain à New York

Kool Herc est né en Jamaïque et a grandi à Trenchtown, un quartier de Kingston, avant de s’installer à New York en 1967. Il arrive avec l’univers des sound systems jamaïcains, où le DJ et ses enceintes sont les vraies vedettes de la fête. Cette culture de la sono puissante et du rythme qui fait bouger la foule va imprégner sa manière de jouer dans le Bronx.

Un danseur de rue pendant une battle de danse
Illustration — Photo : Ilja Tulit / Unsplash

La technique du « Merry-Go-Round »

Herc remarque que le public s’enflamme surtout sur les passages les plus rythmés des disques de funk, ces moments où la batterie prend le devant de la scène. Avec deux platines, il isole ces sections et les prolonge en ramenant l’aiguille en arrière, pour que le rythme ne s’arrête jamais. Il baptise cette méthode le « Merry-Go-Round », le manège. Sans le savoir, il vient d’inventer l’un des gestes fondateurs du DJing moderne.

Une platine de DJ posée à côté d'un ordinateur portable
Illustration — Photo : Gabriel Barletta / Unsplash

Les quatre piliers du mouvement

Autour de ces fêtes, une culture entière se structure. On parle souvent de quatre éléments : le DJing, le MC qui parle au micro (le rap), le breakdance, pratiqué par les danseurs qui s’élancent sur ces fameux passages rythmés, et le graffiti, qui habille les murs de la ville. Chacun a ses héros, ses codes et ses compétitions amicales, et tous partagent la même énergie venue de la rue.

Du Bronx à Abidjan

Cinq décennies plus tard, le principe de départ n’a pas changé : prendre un rythme, le faire danser, y poser sa voix. Il se retrouve aujourd’hui partout, y compris dans les studios et les soirées d’Abidjan, où des rappeurs mêlent français et parlers de la rue pour raconter leur quotidien. Le hip-hop prouve qu’une idée née dans un quartier peut devenir un langage universel.

Si vous voulez ressentir cet esprit, écoutez un morceau de funk en vous concentrant uniquement sur la batterie : vous comprendrez ce qui faisait bouger les danseurs de 1973.

Envie de poursuivre le voyage ? Retrouvez tous nos portraits, histoires de genres et guides d’écoute dans la rubrique Musiques d’IvoireSpot Magazine.

Source : Rolling Stone, History.com, KEXP.

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Auteur

Ivory Spot Magazine

Journaliste à IvoireSpot Magazine, au cœur de la culture et de la musique ivoiriennes.

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