On l’a surnommée la reine de la salsa, et son cri de guerre est resté dans toutes les mémoires. Celia Cruz (1925-2003) a traversé plusieurs époques de la musique latine sans jamais perdre sa voix ni son sourire. Voici cinq repères pour comprendre pourquoi elle reste une référence.
Une voix née à La Havane
Celia Cruz est née en 1925 à La Havane. Elle s’impose d’abord à Cuba, où on la surnomme « La Guarachera de Cuba ». Ce surnom rappelle ses racines : celles d’une chanteuse de la grande tradition cubaine, capable d’improviser et de faire danser une salle entière. Sa voix puissante et chaleureuse s’est imposée comme un instrument à part entière, capable de dominer un orchestre de cuivres et de percussions.

L’exil et la Sonora Matancera
Pendant quinze ans, Celia Cruz a été la chanteuse principale de La Sonora Matancera. En 1960, lors d’une tournée au Mexique, l’orchestre rompt avec le régime de Fidel Castro, ce qui entraîne l’exil du groupe. En 1961, Celia Cruz et son compagnon Pedro Knight s’installent aux États-Unis, dans le New Jersey. Elle se lance en solo en 1965 et reconstruit sa carrière loin de son pays. Cet exil a marqué sa vie : elle a bâti sa carrière internationale loin de l’île qui l’avait vue naître.

La seule femme des Fania All-Stars
Dans les années suivantes, Celia Cruz devient la voix féminine de la salsa. Elle est la seule femme membre du supergroupe Fania All-Stars, qui rassemble les grandes figures du genre. Ce statut dit tout de sa place : dans un univers très masculin, elle n’a pas seulement trouvé sa place, elle est devenue l’une des têtes d’affiche de la scène salsa. Aux côtés d’autres grands noms du genre, elle a porté ce répertoire sur des scènes très diverses, y compris en Afrique : le supergroupe s’est produit à Kinshasa en 1974.

« ¡Azúcar! », un cri devenu légende
Son expression emblématique, « ¡Azúcar! » (sucre), est née d’une anecdote : un serveur de Miami lui demandait si elle voulait du sucre dans son café, et elle a répondu par ce mot qui allait devenir sa signature. Il est devenu le mot qui l’identifie immédiatement, même pour ceux qui ne parlent pas espagnol. Depuis, le cri fait partie de son personnage scénique et résume l’énergie solaire qu’elle dégageait.
Distinctions et héritage
Celia Cruz reçoit son premier Grammy en 1990 pour Ritmo en el corazón, réalisé avec Ray Barretto. Elle obtient aussi la National Medal of Arts, et un Grammy de la carrière lui est décerné à titre posthume. Pour l’écouter, commencez par un enregistrement en public, où son autorité de scène se ressent le mieux, puis explorez ses disques avec la Sonora Matancera et avec les Fania All-Stars. D’autres figures vous attendent dans notre rubrique Musiques.
Source : Smithsonian, National Museum of African American History and Culture (Celia Cruz).
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