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Reggaeton : de Panamá à Porto Rico, naissance d’un raz-de-marée

Du dancehall jamaïcain au dembow, le reggaeton est né à Panamá et Porto Rico dans les années 1990 avant de conquérir le monde. Retour sur ses origines.

Micro sur une scène

Impossible d’allumer une radio, d’ouvrir une appli ou d’entrer dans une boîte de nuit sans croiser un morceau de reggaeton. Ce style, devenu l’un des moteurs de la musique latine, a pourtant des racines modestes, entre Panamá, Porto Rico et la Jamaïque. Voici comment il est né et comment il a conquis la planète.

Panamá et Porto Rico, deux berceaux

Le reggaeton est né à Panamá et à Porto Rico dans les années 1990. À Panamá, des DJ afro-panaméens reprenaient déjà en espagnol le reggae jamaïcain dans les années 1970, avant d’y mêler des rythmes latins. À Porto Rico, le genre est issu du rap en espagnol, nourri par la popularité du rap et du hip-hop américains dans les années 1980 et 1990. El General, côté panaméen, et Vico C, pionnier du rap portoricain qui a intégré le dancehall panaméen, font partie des figures qui ont ouvert la voie.

Disque vinyle et casque audio
Illustration — Photo : blocks / Unsplash

Le dembow, battement de cœur du genre

Le dembow est un rythme percussif venu principalement du dancehall jamaïcain. Il forme une boucle de deux mesures répétée, qui sert de base à presque tous les titres de reggaeton. C’est cette pulsation reconnaissable entre mille qui donne envie de bouger, que l’on soit à Abidjan, à Madrid ou à San Juan. Si vous écoutez un titre en tapant du pied sur ce motif, vous avez déjà compris l’essentiel du genre.

Groupe de musiciennes en tenue noire jouant sur une place de Porto
Illustration — Photo : Pascal Bernardon / Unsplash

2004, l’année du grand tournant

Daddy Yankee, Don Omar et Nicky Jam ont popularisé le style auprès du grand public. L’année 2004 est considérée comme charnière, avec trois albums marquants : Barrio Fino de Daddy Yankee, El Enemy de los Guasíbiri de Tego Calderón et Real d’Ivy Queen, une voix féminine qui s’est imposée dans un univers très masculin. En 2005, « Rakata » de Wisin & Yandel confirme l’élan et installe durablement le reggaeton dans les classements.

Façades colorées dans une rue de La Havane
Illustration — Photo : Spencer Everett / Unsplash

Des débuts controversés

Dans les années 1990, le genre est critiqué pour ses paroles explicites et ses danses jugées suggestives. À Porto Rico, la classe moyenne et les autorités ont mené une forte opposition, qui s’est atténuée avec le temps. Ce qui était regardé avec méfiance est devenu un véritable phénomène de société, ce qui rappelle que beaucoup de musiques populaires ont d’abord dérangé avant de rassembler.

Ce succès ne s’explique pas seulement par la musique : il tient aussi à la façon dont le reggaeton parle de fête, de séduction et de fierté locale, dans une langue que des centaines de millions de personnes comprennent.

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De Despacito à aujourd’hui

En 2017, « Despacito », de Luis Fonsi avec Daddy Yankee, devient un grand succès international et a été interprété aux Grammy Awards en 2018. Depuis, de nouveaux artistes prolongent l’histoire en mélangeant le reggaeton à d’autres sons. Pour découvrir cette galaxie, remontez le fil avec les albums de 2004, puis explorez notre rubrique Musiques pour poursuivre le voyage.

Source : EBSCO Research Starters (Reggaeton).

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Auteur

Ivory Spot Magazine

Journaliste à IvoireSpot Magazine, au cœur de la culture et de la musique ivoiriennes.

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