Il y en quelques-unes qui sortaient du lot selon moi. Vous excuserez le ton un peu léger de cette présentation mais si j’en parle au premier degré, j’ai envie de vomir.
On tue un animal (âne, boeuf, ce qu’on a sous la main d’assez grand), on vide une partie des entrailles et ensuite on met le condamné (attaché) dans la bête morte. On laisse juste passer la tête et on recoud l’animal. Laissez le tout au soleil quelques jours, la putréfaction va se créer à l’intérieur, les mouches et autres vont pondre et vous aurez rapidement des larves qui vont se nourrir du supplicié. Si vous voulez faire durer, donnez avec parcimonie à boire au condamné, çà peut durer des jours. On trouve des traces écrites de l’application cette peine dans certains pays du pourtour méditerranéen. Elle serait passée des Perses aux Macédoniens puis probablement aux Romains dans une variante où l’animal mort est remplacé par une caisse en bois (les vers apparaissaient alors via les matières fécales du condamné). Cette dernière est connue sous le nom de scaphisme. Plutarque le signale au temps de Cyrus, fondateur de l’Empire perse (550 avant J-C).
La soudure de l’urètre. A l’aide d’un fer bien chaud, brûlez et souder l’urètre du condamné. Faites lui ensuite boire (de force) plusieurs litres d’eau. Comme il ne peut plus uriner, son bas-ventre va se nécroser. Douleurs insoutenables garantie. En plus çà peut durer très longtemps. On situe l’existence de cette pratique aux débuts de l’Empire romain, Tibère (successeur du premier empereur Auguste) en aurait été friand. Il est toujours possible qu’elle soit plus ancienne bien entendu.
Le panier du rat aussi (ou sa variante chaudron si vous manquez de temps). Placez un gros rat dans un panier et fixez le panier sur le corps du condamné. Au choix, le ventre, le vagin ou l’anus. Excitez l’animal (par le feu ou une pique) afin qu’il cherche à tout prix une voie de sortie, quitte à mordre et creuser sa voie de sortie. Je vous laisse imaginer la suite. Dans la variante chaudron, un petit chaudron est placé sur feu moyen, le rat dedans et on met le mec au-dessus du chaudron. Le principe est le même mais çà va plus vite puisque le rat est directement paniqué par la chaleur du chaudron. Les sources évoquent une origine moyen-orientale voire même asiatique. Il est possible que la méthode soit passée d’Asie en Orient pour ensuite arriver en Europe mais sans certitudes.
Le taureau d’airain, un grand classique mais qui demande du matériel. On construit un taureau de métal suffisamment grand pour mettre une (voire plusieurs) personnes dedans. Avec des petits trous pour qu’un peu d’air circule quand même. Ensuite on allume un feu sous le taureau et la victime est lentement cuite. Les sources évoquent clairement une invention faite à la demande de Phalaris, un dirigeant grec qui régnait alors sur l’actuelle Sicile vers -550. Notez que la méthode aurait employée durant longtemps puisque les écrits relatifs aux martyrs l’évoquent encore au Vème siècle (martyr de Pélagie de Tarse).

Le Culeus romain était pas mal aussi. Un peu flagellation publique (bon çà c’est classique) puis on met la victime dans un grand sac en cuir qu’on referme et que l’on jette dans la rivière. Mais pour le côté fun, on ajoute une vipère, un chien, un coq et éventuellement un singe dans le sac avant de le fermer. Assez bien documenté, il serait apparu assez tôt dans la civilisation romaine et était la peine pour parricide et/ou matricide. Cicéron l’évoque comme une peine « ancienne » et « traditionnelle » au milieu du premier siècle avant J-C.
Le métal fondu était aussi pratiqué. On fouette la victime et quand c’est bien à vif, on verse un métal (plomb le plus souvent) sur les plaies. Si on veut un truc rapide mais festif, on le verse dans la gorge, l’anus ou le vagin. Probablement inventé en Orient, je n’ai pas d’informations claires sur la période à laquelle cette mode a été lancée.
L’ébouillantage, un éternel classique. On plonge lentement la victime (pieds en premier) dans de l’huile, de l’eau ou de la cire portée à ébullition. Bien que cela soit très peu documenté, il semble que la peine date au moins de l’époque des premiers empires sumériens (IIIème millénaire avant J-C)

Pour rester dans le thème de la chaleur, la bougie humaine façon Néron était bien trouvée aussi. On enduit la victime de résine d’arbre et on allume. La victime sert en quelque sorte de mèche et se consume lentement, comme une bougie. Le concept a connu beaucoup de variantes et le châtiment par immolation doit être très ancien (peut-être plus que l’écriture elle-même). La version avec de la résine semble toutefois une « amélioration » romaine.
Le dépeçage est une méthode visant à retirer progressivement des morceaux les plus fins possibles (des « tranches » en quelque sorte) du corps de la victime. C’est vieux comme le monde ou presque (attesté en Assyrie un millier d’années avec JC). L’écorchement qui y ressemble assez consiste à pratiquer une incision et à retirer la peau de la victime. Dans les deux cas, il s’agissait de la garder vivante et consciente durant le processus. Là aussi, l’origine se perd car si la méthode est documentée concernant des martyrs chrétiens, on peut imaginer que dés que les hommes ont été capables d’écorcher proprement un animal, quelqu’un, quelque part a dû avoir l’idée de faire pareil avec un humain.
Nos amis d’Orient n’étaient pas en reste non plus. En Perse antique on appréciait le sciage parmi tant d’autres méthodes. Les Perses étaient très créatifs au niveau torture et exécution. Ont-ils « hérités » ces méthodes de civilisations plus anciennes (Babylone, Summer, Egypte) et/ou sont-elles venues d’Asie ? Si quelqu’un a la réponse, çà m’intéresse car je n’ai pas trouvé d’informations pertinentes.

Edition & Ajouts
Une variante assez tordue de l’écartèlement. Trouvez un (ou deux) arbre.s avec des branches partant dans deux directions, assez souples mais aussi solides. A l’aide de cordes et de quelques hommes, tordez deux branches sans les briser, jusqu’à ce qu’elles soient pratiquement l’une à côté de l’autre. Attachez le condamné par les jambes, une sur chaque branche. Il ne vous reste plus qu’à couper les cordes qui tiennent les branches. La différence avec l’écartèlement vient de la puissance déployée en une fraction de second par les branches qui forment en quelque sorte un arc géant. La méthode apparaît a minima sous l’Empire romain mais elle pourrait être plus ancienne.

Pour être plus complet, citons également plusieurs « classiques » de l’époque :
Damnatio ad bestias autrement dit « condamné aux bêtes ». Le condamné est livré à des bêtes féroces (ours, grands félins, loups, etc). Le format le plus célèbre est bien entendu celui des cirques romains mais la méthode est antérieure et des animaux très divers ont été utilisés au fil du temps.
La roue. On attache le condamné aux rayons d’une roue et on lui brise les membres un à un. Le supplice remonte au minimum au Ier siècle après J-C puisqu’il apparaît alors dans la littérature religieuse, preuve qu’il était connu des auteurs même si les épisodes évoqués sont potentiellement fictifs.
Le crucifiement, que tout le monde connait. A la différence de la crucifixion de J-C, les condamnés étaient rarement cloués mais « simplement » fixés avec des lanières ou de la corde. La mort survenait par asphyxie, la position entraînant des difficultés respiratoires. Ce supplice est très ancien et pourrait dater de -6000 car il apparaît dans certains récits bibliques.
L’empalement, d’origine Assyrienne. Notez que le pal ne rentre pas toujours au même endroit, on peut aussi percer le ventre par l’avant. Une phrase prononcée par un dandy dans le film « Angélique et le Roy » m’est toujours restée en mémoire. « Un supplice qui commence si bien et termine si mal ».

Etre précipité d’une hauteur (comme la roche Tarpéienne à Rome) était aussi un grand classique qui a sans doute été pratiqué dans toute l’Antiquité.
L’emmurement vivant était également connu de nos ancêtres et on en trouve trace en Grèce antique. A Rome c’était une sanction rare qui concernait uniquement les vestales (prêtresses) ayant rompu leur voeu de chasteté.
Bref, les hommes ont fait preuve d’une incroyable ingéniosité pour trouver les moyens les plus dégueulasses de tuer les condamnés. Parce que la souffrance était souvent considérée comme plus importante que le « simple » fait de tuer la victime.

