đCHLOĂđ #Episode4
Le soir, vĂȘtues de tenues moulantes, mes trois copines et moi nous rendons dans un petit bar branchĂ© de LomĂ©. En pleine discussion et en train de nous dĂ©tendre, Ăva est abordĂ©e par un jeune homme nommĂ© Fabrice, un garçon sympathique. Nous passons la soirĂ©e Ă discuter avec lui et ses amis. Visiblement sous le charme de ma meilleure amie, Fabrice ne va pas hĂ©siter Ă lui faire savoir. Parmi les garçons, il y avait Yoan, un garçon trĂšs calme, qui nâarrĂȘte pas de me dĂ©visager de la tĂȘte aux pieds.
Un peu gĂȘnĂ©e, je fais mine de ne pas remarquer son regard perçant, mais je ressens comme un poids dans lâestomac. Je garde un Ćil sur nos verres de jus par prĂ©caution, car mĂȘme si ces garçons semblent gentils, nous ne les connaissons pas vraiment, et LomĂ© est devenue risquĂ©e. Fabrice nous demande alors oĂč nous Ă©tudions. Elsa lui donne le nom de notre Ă©cole, ce qui provoque lâĂ©clat de rire de Fabrice et de ses amis. Loane, qui en pince pour Ludovic, lâun des amis de Fabrice, est Ă©tonnĂ©e.
**Yoan** : Câest parce quâils viennent de commencer lâannĂ©e dans la mĂȘme Ă©cole.
**Elsa** : Impossible, on ne vous a jamais vus !
**Ludovic** : Nous non plus. On sâĂ©clipse souvent des cours, mais cette annĂ©e, je compte ĂȘtre plus prĂ©sent.
Il dit cela, les yeux rivés sur Loane.
**Eva** : Comment ça, vous vous éclipsiez ?
**Ferdinand** : Disons quâon ne vient pas en cours tous les jours. On arrive de bonne heure pour signer le cahier de prĂ©senceâŠ
**Fabrice** : ...Et ensuite, on sâĂ©clipse.
**Eva** : Donc tu nâes pas dans notre Ă©cole ?
**Fabrice** : Non, Yoan et moi, on va Ă lâuniversitĂ©.
**Yoan** : Dis-moi, Chloé, tu es assez discrÚte. Pourquoi ?
**ChloĂ©** : Non, pour rien. Je vous Ă©coute, câest tout.
**Ferdinand** : Si on allait en boĂźte, vous en pensez quoi ?
**Loane** : Non, mon pĂšre me tuerait sâil apprenait que jâai mis les pieds dans une boĂźte.
**Ludovic** : Il est 22 h, et tu es assise dans un bar⊠câest la mĂȘme chose, ma jolie !
**Loane** : Non, parce quâon nâest pas loin de la maison. Nous habitons toutes les trois dans le secteur.
**Yoan** : Ah, je vois ! Jâai lâimpression de te connaĂźtre, ChloĂ©, mais je ne sais plus dâoĂč, sĂ©rieux !
**Loane** : Câest possible ! Une aussi belle fille que moi ne passe pas inaperçue.
Nous Ă©clatons tous de rire et continuons Ă discuter jusquâĂ 2 h du matin. Quand vient enfin lâheure de rentrer, les garçons dĂ©cident de nous raccompagner. Ils nous suivent en voiture, car nous Ă©tions sorties avec la voiture de Loane.
Le lendemain matin, alors que je me prĂ©pare Ă partir sur ma moto, une voiture sâarrĂȘte devant moi. JâĂ©tais choquĂ©e de voir Yoan descendre.
**Yoan** : Bonjour, mademoiselle. Tu vas oĂč comme ça ?
**Chloé** : Bonjour. Je vais à la boulangerie. Et toi, que fais-tu ici ?
**Yoan** : Je suis venu te voir pour mon pote. Il nâa pas pu obtenir le numĂ©ro dâElsa, donc me voilĂ .
**ChloĂ©** : Tu as fait le chemin pour rien. Elle ne se rĂ©veillera pas avant midi, et je dois lui demander dâabord.
**Yoan** : Je tâaccompagne alors. Jâai toute la journĂ©e.
**ChloĂ©** : Tu veux achever mon pĂšre ou quoi ? Un garçon chez moi ? Câest Anna qui tâenvoie ?
**Yoan** : Câest qui, Anna ?
**Chloé** : La croix de mon pÚre ! Tu ne peux pas rester ici, je ne saurais comment expliquer ta présence à mon pÚre.
**Yoan** : Monte, je tâemmĂšne. On ira plus vite en voiture.
**Chloé** : Je ne te connais pas et tu veux que je monte ?
**Yoan** : Tu as un sĂ©rieux problĂšme de confiance. Je tâai observĂ©e hier ; tu nâas pas quittĂ© ton verre des yeux.
**Chloé** : Désolée, rien contre toi, mais je fais attention à ma sécurité.
Il sourit et prend mes clĂ©s. Il dĂ©marre ma moto et me fait signe de monter. JâhĂ©site un peu, puis je finis par le faire, dâautant que notre curieuse voisine, Madame Koffi, avait dĂ©jĂ sorti toutes ses antennes. Ă notre retour, Yoan me devance et va saluer mes parents avant de prendre place sur la terrasse. Imagine la tĂȘte de mes parents !
**Nestor** : ChloĂ©, câest qui ce jeune homme ?
**ChloĂ©** : Papa, je ne sais pas. On lâa rencontrĂ© hier au bar, et depuis, il est dans ma vie.
Mon pĂšre sourit et dit Ă ma mĂšre :
**Nestor** : Le petit ami de ta fille me plaĂźt. Il est trĂšs courageux, câest ce quâon appelle un vrai garçon.
**ChloĂ©** : Papa, ce nâest pas mon petit ami. Câest une rencontre que jâai faite hier.
**Coline** : Ma fille, on est nĂ©s avant toi, alors arrĂȘte de mentir. Dis-lui de venir prendre le petit dĂ©jeuner.
**Nestor** : Au moins, lui, il est bien éduqué.
Dit mon pĂšre en jetant un regard dans la direction de Sika.
**Sika** : Ce nâest pas toi. On aurait dĂ» te laisser Ă lâhĂŽpital. Si le mĂ©decin continuait Ă te faire des piqĂ»res, tu serais plus gentille avec moi ce matin, câest sĂ»r !
Mes parents Ă©clatent de rire. Je vais chercher Yoan, qui subira un millier de questions de la part de mes parents. Quand Sika entend son nom de famille, elle devient muette. Alors quâelle allait chercher de lâeau chaude pour le cafĂ© de papa, je mâapproche dâelle pour savoir ce qui se passe.
**ChloĂ©** : Sika, quâest-ce qui tâarrive ? Tu es calme tout dâun coup.
**Sika** : Pour rien. Dis-moi, câest vraiment ton petit ami ?
**ChloĂ©** : Non, tu serais la premiĂšre au courant si jâavais un mec dans ma vie. Yoan nâest pas mon copain.
**Sika** : Ok, mais dis-le-moi si ça devient important, dâaccord ?
**ChloĂ©** : Ok, mais tu es sĂ»re que ça va ? Tu as blĂȘmi tout Ă lâheure Ă table.
**Sika** : Oui, allons-y.
Vers 10 h, jâenvoie un SMS Ă Elsa pour lui demander si elle est dâaccord que je donne son numĂ©ro Ă Yoan pour son ami. Elle rĂ©pond immĂ©diatement oui. Elle mâavait dĂ©jĂ dit que Ferdinand lui plaisait, mais Ă ce point-lĂ , je suis surprise ! Une fois quâil a son numĂ©ro, Yoan me remercie, discute encore quelques instants avec mes parents, puis sâen va. Je nâen reviens pas. Ce garçon avait un de ces culots !
Les jours suivants, Ferdinand et Ludovic tiennent parole et sont prĂ©sents chaque jour Ă lâĂ©cole. Nous passons nos aprĂšs-midis ensemble, et une vĂ©ritable amitiĂ© naĂźt entre nous tous.
Avant les vacances de PĂąques, Ferdinand est en couple avec Elsa, et câest pareil pour Eva et Fabrice. Ludovic et Loane, eux, sont insĂ©parables ; ils passent 24 heures sur 24 ensemble. Quant Ă Yoan et moi, les six autres font tout pour nous mettre en couple, mais non merci ! Je suis concentrĂ©e sur mes Ă©tudes et je ne veux pas ĂȘtre distraite.
Lors de son vingt-deuxiĂšme anniversaire, Yoan nous invite chez lui. MĂȘme Loane, qui vient dâune famille riche, se sent mal Ă lâaise dans cette maison. Yoan est riche, nous le savions, mais nous nâavions aucune idĂ©e de lâĂ©tendue de la richesse de ses parents. Leur maison est construite sur un hectare, avec piscine, terrain de tennis, quatre pavillons, deux terrains de basket et seize voitures de luxe dans le garage. Je dĂ©couvre un tout autre niveau de richesse.
La fĂȘte se passe bien jusquâĂ lâarrivĂ©e des parents de Yoan. Jâai une vague impression de connaĂźtre son pĂšre, mais dâoĂč ? Ils nous souhaitent une bonne fĂȘte avant dâaller se coucher. Jâai aussi lâimpression que sa mĂšre me regarde de travers. Toute femme riche nâest pas forcĂ©ment comme Anna, me dis-je pour calmer mes nerfs. Je mâassois au bord de la piscine et regarde mes copines danser et profiter de leurs petits copains. Yoan vient vers moi et me fait un bisou dans le cou, ce qui me fait sursauter.
**Yoan** : Sérieusement, je ne te plais pas du tout ?
**ChloĂ©** : DĂ©solĂ©e, jâai dâautres prioritĂ©s dans la vie, et tomber amoureuse nâen fait pas partie.
Auteur : Les Chronique De Prisca Essie
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