🎀CHLOÉ🎀 #episode3
Après sa journée de travail, mon père rentre à la maison, totalement épuisé. Assis à table, il mange en silence, mais ma mère remarque son air soucieux.
**Coline** : Nestor, qu’est-ce qui se passe ?
**Nestor** : Je suis fatigué, Coline. Je n’en peux plus.
**Coline** : De quoi tu parles ?
**Nestor** : Laisse tomber. Où sont les enfants ?
**Coline** : Elles sont allées au marché. Sika veut ouvrir une petite boutique ; elles sont parties acheter des trucs.
**Nestor** : Ah, d’accord.
Depuis ce jour où Anna l’avait insulté, mon père semblait sombrer dans la dépression, remettant toute sa vie et toutes ses décisions en question. Ma mère, inquiète, craignant qu’il ne fasse une bêtise, lui dit :
**Coline** : Ne fais pas de bêtises, Nestor. Ne nous laisse pas dans les problèmes. Je ne suis rien sans toi.
**Nestor** : J’ai compris.
**Coline** : Reste à la maison cette semaine, repose-toi. J’ai mis assez d’argent de côté pour gérer la maison pendant deux mois. Tu as besoin de congé.
Mon père finit son repas et va se coucher. Pendant ce temps, mon oncle se prépare à sortir pour venir passer l’après-midi avec son grand frère.
**Anna** : Tu vas où, comme ça ?
**Sam** : Chez Nestor.
**Anna** : Je t’ai dit de ne pas aller chez *ces gens*.
**Sam** : Ces gens ? Anna, sans mon frère, toi et ta fille ne mèneriez pas cette belle vie que vous avez.
**Anna** : Donc, parce qu’il t’a aidé, on doit le supporter toute notre vie ?
**Sam** : Oui. Espèce d’imbécile ! Anna, si tu continues, tu vas devoir quitter ma maison. Je te préviens.
Sam quitte le salon, laissant sa femme seule avec sa fille.
**Anna** : Tu vois comment ton père me parle ? Je fais tout pour le protéger de ce *sorcier*, et lui, il m’insulte.
**Simone** : Laisse tomber. On doit aller voir la coiffeuse. N’oublie pas qu’on a rendez-vous.
**Anna** : D’accord, allons-y ! Sam veut ma mort.
De retour à la maison, nous retrouvons ma mère, visiblement soucieuse, devant la porte. Sika et moi comprenons immédiatement qu’il y a un problème. Sika, sans perdre de temps, se dirige vers elle et lui demande :
**Sika** : Maman, il y a un problème, n’est-ce pas ?
**Coline** : Ton père ne va pas très bien ; les mots de cette femme l’ont blessé.
**Sika** : Je le savais déjà . On va faire quoi ?
**Coline** : Je ne sais pas comment le sortir de cette dépression qui s’installe chez lui, ma fille.
**Sika** : Maman, papa a besoin de trouver un autre travail. Quelque chose qui lui redonne un sens de sa valeur.
**Coline** : Je ne sais pas… On verra plus tard. Je croyais que tu allais acheter des produits pour ta boutique ?
**Sika** : La vendeuse n’était pas là . Mais je vais laisser tomber. Si on gardait plutôt cet argent, je crains le pire.
**Coline** : Ne parle pas de malheur. Ton père ira mieux.
À ce moment-là , une voix résonne derrière nous. C’était oncle Samuel.
**Sam** : Nestor a quoi ?
**Coline** : Ton frère est en dépression, tout ça à cause de ta femme. S’il lui arrive malheur, ce sera à cause de vous. Je ne veux pas devenir veuve à mon âge.
**Sam** : Il est où ?
**Coline** : Dans la chambre.
Tonton va rejoindre papa dans sa chambre, et ils y restent, discutant pendant des heures. Sam décide même de passer la nuit chez nous, chose qu’il n’avait pas faite depuis des années. Anna essaiera de le joindre, mais sans succès.
Malgré tout ce qui s’était passé, Anna n’avait pas l’intention d’en rester là . Au petit matin, je me réveille vers cinq heures pour balayer la cour de notre maison. Alors que je m’apprête à sortir pour balayer la devanture, on frappe à la porte bruyamment.
Le bruit réveille mon père, qui me demande d’attendre avant de sortir. Il enfile un pull-over et va ouvrir. À sa grande surprise, il se retrouve face à Anna et un petit groupe de personnes, venus l’accuser de meurtre.
Ne comprenant rien à ce qui se passe, j’ai du mal à calmer la foule, qui semble vouloir en finir avec mon père.
**Chloé** : Qu’est-ce qui se passe ? Je vous en prie, qu’est-ce que mon père vous a fait ? Dites-le-moi, je vous en prie.
**Anna** : Mon mari est sorti hier soir ; il a dit qu’il venait ici, et depuis, plus de nouvelles ! Qu’est-ce que ton père a fait de mon mari ? Où est Samuel ? Rendez-moi mon mari !
**Chloé** : Il est à l’intérieur, en train de dormir.
Le chef du quartier, qui peine à calmer la foule, me demande d’aller chercher mon oncle. Je cours réveiller tout le monde, y compris mon oncle, qui n’arrive pas à croire que sa femme ait pu aller aussi loin.
En sortant, tout le monde est choqué. Non seulement mon oncle allait bien, mais il accourt pour défendre son grand frère. Sika appelle la police, qui arrive et arrête toutes les personnes ayant agressé mon père, qui était déjà en train de baigner dans son sang.
Mon père est conduit à l’hôpital le plus proche. Deux heures plus tard, mon oncle Armand vient aux nouvelles.
**Armand** : Comment il va, Coline ?
**Coline** : Ils lui ont donné un sédatif pour qu’il dorme.
**Armand** : Sam, ta femme a quel problème, au juste ?
**Sam** : Ne me demande pas. Je ne sais plus quoi faire, je suis fatigué de lui parler. Je n’en peux plus.
**Armand** : Elle est où ? Je veux savoir ce qu’elle veut au juste de notre frère, parce que trop, c’est trop.
**Sika** : Elle est au commissariat. Je ne retirerai pas ma plainte tant que papa sera à l’hôpital ; elle restera là -bas. Oncle Sam, je suis désolée, mais dès que papa guérira, ne viens plus chez nous ; reste chez toi.
**Armand** : Sika, calme-toi. Ton oncle n’a rien fait pour mériter une telle décision.
**Sika** : Tonton Armand, Anna ne veut pas le voir avec nous. Et si aujourd’hui Chloé n’avait pas été là ?
**Sam** : Ne parle pas de malheur ; il n’arrivera rien à Nestor. Je crois qu’il est temps que je parle avec Anna.
**Sika** : Tonton, tu vas parler en vain. Si ta femme ne voit pas mon père dans une tombe, elle ne s’arrêtera pas.
**Coline** : Sika a raison, Armand. Samuel, ne viens plus chez nous. Toi et ta famille, restez loin de nous. Mon mari est tout ce que j’ai.
Maman se lève et sort de la pièce, ordonnant à Sika d’aller retirer la plainte contre Anna. C’est à contrecœur que Sika obéit à notre mère. Quelques jours plus tard, papa rentre enfin à la maison, l’esprit apaisé. Maman se rend alors chez oncle Samuel. Anna et son mari, qui avaient de la visite, ne s’attendaient pas à sa venue. Maman ne savait pas conduire une moto, alors c’est moi qui l’y conduis.
**Sam** : Ma belle, comment vas-tu ? Et Nestor, il n’est pas venu avec toi ? Où est-il ?
**Anna** : Pourquoi tu demandes même ?
Ma mère ne lui répond pas et se dirige tout droit vers Anna. D’un revers de main, elle assène deux gifles à Anna, qui tente de riposter, mais se retrouve plaquée violemment au sol.
**Coline** : Anna, tu joues avec la vie de mon mari depuis des années. Je fais comme si je ne te voyais pas.
**Francis et Sam** : Calme-toi, Coline.
**Coline** : Non, à partir d’aujourd’hui, je te préviens : si tu parles mal de mon mari ou que tu tournes autour de lui, je te ferai du mal. Tu ne me connais pas.
**Anna** : Lâche-moi ! Tu te prends pour qui ? Tu viens m’agresser chez moi, à cause de ton *sorcier* ?
Maman lui donne une autre gifle, puis Mila intervient pour la calmer. Finalement, ma mère dit très clairement :
**Coline** : Je convoque une réunion de famille ; tu vas me dire qui, dans ta famille, mon mari a ensorcelé !
**Francis** : On n’en est pas là . Essayons de régler ce problème sans y mêler tout le monde.
**Coline** : Hors de question. Tout ça doit s’arrêter. Cette femme veut pousser
mon mari à la morgue. Je veux savoir pourquoi elle fait tout ça. Je pars.
Maman et moi repartons. La situation était désormais claire : la famille était divisée pour de bon, à cause d’Anna et de toute cette rancœur.
Auteur : Les Chronique De Prisca Essie
Les Chroniques de Prisca Essie
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