🎀CHLOÉ🎀 #Episode2
Papa démarre. Une fois à la maison, je raconte tout à maman. Sika sursaute et se met en route pour aller frapper Anna, mais ma mère l’arrête.
**Coline** : Sika, reste ici, ne va pas là -bas.
**Nestor** : Chloé, Sika, je ne veux plus voir vos deux pieds dans cette maison. À partir d’aujourd’hui, la maison de Samuel vous est interdite.
**Chloé** : J’ai compris !
**Sika** : J’ai compris aussi, papa.
**Nestor** : Chloé, ne prends plus jamais un centime chez Samuel. Sika, pareil pour toi.
Papa se lève, va se laver, nous passons à table, et chacun de nous ira se coucher avec de la colère au ventre. Chez Sam, la soirée n’était plus aussi charmante. Mon oncle évite sa femme, mais sa colère monte quand il découvre qu’Anna, dans un excès de rage, a renversé la sauce pimentée dans la poubelle, un comportement qui a choqué les invités de Sam.
**Francis** : Non, c’est pas sérieux, Anna.
**Anna** : Quand je vous dis ici que ces gens sont des sorciers, vous dites que j’exagère. Voilà notre fête !
Mila, la femme de Francis, lui dit directement :
**Mila** : Celle qui a gâché la fête, c’est toi. Tu es allée trop loin. La petite s’est donné du mal pour la sauce !
**Anna** : Elle vient me manquer de respect chez moi ?
**Mila** : Tu crois qu’elle va te laisser insulter son père ?
Sam ne parlait pas. La soirée n’était plus aussi bien que prévu. À l’arrivée des autres invités, les choses se calment un peu. Chez mes parents, mon père pleure toutes les larmes de son corps. Ma mère essaie de le calmer en vain.
**Coline** : Calme-toi, Nestor. Ne prends pas cette conne à cœur. Oublions cette femme, s’il te plaît.
**Nestor** : Je n’ai pas de grand diplôme, je sais. J’ai dû travailler pour envoyer mes deux frères à l’école.
**Coline** : Je sais, chéri, calme-toi !
**Nestor** : Aujourd’hui je suis un sorcier pour eux ? J’ai sacrifié mon futur pour leurs études. Je n’ai jamais rien demandé en retour, Coline. Qui suis-je ?
**Coline** : Tu es un homme bon, tu es un bon père.
**Nestor** : Un bon père ? Ma fille aînée couche à gauche et à droite pour s’assurer que rien ne nous manque. Ma benjamine a dû me donner sa fortune pour que je construise cette maison. Sinon, en vérité, je ne suis qu’un vaurien, Coline. Un vrai bon à rien.
Ma mère a du mal à calmer mon père. Dans notre chambre, Sika et moi entendons papa pleurer, et les larmes nous viennent aussi. J’aurais dû me taire ! Cette femme avait mis toute notre petite famille dans une tristesse si profonde. Après le départ des invités, mon oncle ira demander à la bonne ce qui s’était passé dans la journée. La bonne ne voulait pas parler. Mon oncle lui demandera d’aller ranger ses affaires. Puisqu’elle allait perdre son boulot, la domestique lui racontera tout. Une fois dans leur chambre, mon oncle et sa femme se disputeront, et Anna finira par recevoir une gifle. Vers 8 h du matin, mon oncle était déjà présent chez son grand frère. Il lui présente toutes ses excuses, accompagné de Francis et Armand, mon deuxième oncle.
**Nestor** : Aussitôt le matin ? Armand, tu as encore fait des histoires à ta femme ?
**Armand** : Oublie celle-là . C’est par rapport à hier soir !
**Nestor** : Samuel, je t’ai dit d’oublier cette histoire.
**Sam** : Elle est allée trop loin. Elle viendra te demander pardon en personne dans la journée.
**Nestor** : Non, laisse tomber. Avançons, c’est mieux.
Ils vont rester là à discuter avec mon père pendant des heures. Moi, je vais chercher de l’eau. À mon retour, je salue poliment tout le monde et me mets en route pour l’église. Mon oncle Sam m’avait dit de venir le voir pour qu’il me donne un peu d’argent. Je dis oui, mais je pars comme si j’avais oublié ce qu’il m’avait dit. Deux mois plus tard, c’était la fin des vacances. L’école avait repris et j’évitais au maximum de me faire remarquer par la fille de mon oncle et ses copines. Mes copines Loane, Elsa et Eva me demandent pourquoi je ne voulais pas aller à son anniversaire. Je leur dis que je n’étais pas invitée, et en vrai, je ne voulais pas y aller.
Simone fêtait son vingt-et-unième anniversaire. Elle avait invité toute la classe sauf moi. Rien à faire ! Loane, ma meilleure amie issue d’une famille riche, était elle aussi invitée. Elle ne voulait pas y aller, mais j’insiste. Pendant la pause déjeuner, une main vient me taper l’épaule : c’était le professeur de maths, qui était aussi le directeur. Il me demande si je peux aider deux nouveaux élèves à se mettre à jour. J’accepte, mais après les cours, ils étaient déjà partis, alors je ne me fatigue pas à les chercher. Le soir, à la maison, Sika va me demander gentiment de l’accompagner à un rendez-vous. J’accepte.
Nous voilà sur ma moto devant un hôtel chic de la ville. Je la vois revenir les mains remplies de sacs. Une fois à la maison, elle m’explique que son amant était revenu des États-Unis avec des cadeaux pour elle, et comme sa femme était là , il ne pouvait pas passer du temps avec elle. Elle avait besoin d’aide pour charger tous les sacs. Ma sœur avait toujours les dernières modes à portée de main. Toute la soirée, elle va me faire un défilé de mode. Dès le retour de papa, tout est rangé. Nous passons à table quand mon téléphone se met à sonner : c’étaient mes deux oncles, étonnés de mon absence à l’anniversaire de Simone.
Je leur dis que j’avais trouvé un boulot dans un petit resto et que je ne pouvais pas venir. Papa ne dira rien. Le lendemain matin, dans son bureau, Sam était dans ses pensées quand Francis entre dans le bureau. Sam lui parle des derniers mois.
**Sam** : Francis, je suis un peu perdu.
**Francis** : Explique-moi, je ne comprends pas bien.
**Sam** : Depuis l’incident de la fête, j’ai l’impression que ma petite Chloé m’évite. Elle a toujours des excuses pour ne pas mettre les pieds chez moi. Nestor aussi.
**Francis** : Ce n’est pas étonnant, ton frère se tient loin de toi. Il a raison, ta femme a mal agi.
**Sam** : Je me suis excusé, Francis.
**Francis** : Et alors ? S’il t’arrive quelque chose demain, Anna est capable d’accuser ton grand frère du pire.
**Sam** : Je fais quoi maintenant ?
**Francis** : Tu sais, les mots sont plus blessants qu’un couteau. Va voir le frère de ta mère pour aller lui parler. Je veux dire, un ancien de votre famille.
**Sam** : Tu crois que c’est une bonne idée ?
**Francis** : Oui, on parle de sorcellerie. Nous sommes en Afrique. Faut pas que ton frère se retrouve dans les problèmes s’il t’arrive un malheur.
**Sam** : Francis, je n’aurais jamais cru avoir un problème de ce genre avec Nestor. J’ai tellement honte.
**Francis** : Ne laisse pas les caprices d’Anna vous diviser. Si ton frère t’évite depuis deux mois, c’est grave. Ton frère a tout donné pour toi, ne l’oublie pas.
**Sam** : Je sais. Je ne sais plus quoi faire. Je suis dans cette entreprise grâce à lui. Si mon frère me tourne le dos, l’esprit de ma mère ne va jamais me le pardonner.
Mon père avait arrêté l’école à 21 ans pour soutenir sa famille après que notre grand-père soit tombé très malade. Il a tout donné pour ses deux frères, Armand et Samuel. Alors les deux frères ne jouent pas avec lui. Trop fier, mon père a toujours refusé de prendre un seul franc chez eux. Dès qu’ils ont commencé à travailler, mon père s’est acheté une moto et a commencé à faire du zemidjan. Ancien maçon, papa n’a jamais aimé ou voulu dépendre de quelqu’un. Sika avait un autre souci : comment faire pour voir son sponsor sans que son copain Victor ne soit au courant.
Elle dira à ce dernier qu’elle devait sortir avec moi, ce qui me bloquera toute une journée à la maison. Victor était un jeune douanier qui gagnait bien sa vie mais pas assez pour entretenir les goûts de ma sœur. Donc elle le trompait avec Patrick, un homme âgé et un peu riche qui vivait en Europe avec sa famille. Dans la chambre d’hôtel de Patrick, couchée à moitié nue dans les bras de son sponsor, ma sœur lance son filet.
**Sika** : Patrick, je veux une voiture,
s’il te plaît.
**Patrick** : Passe le permis et tu l’auras sans souci.
**Sika** : Merci, bébé. Ah, et j’allais oublier, j’espère que tu n’as pas oublié ta promesse.
**Patrick** : Quelle promesse ?
**Sika** : Aïe, le magasin, chéri, tu as oublié ?
**Patrick** : Non, toi aussi, tu n’as pas encore accepté ma demande, Sika. Je veux que tu ailles vivre à la villa.
**Sika** : J’ai 24 ans. Tu me vois aller m’installer en maîtresse dans une villa et ta femme va venir m’agresser ? Je refuse. Si je la frappe, tu vas te fâcher.
**Patrick** : La frapper ?
**Sika** : Si je vais vivre dans la villa, elle viendra faire un scandale. Je ne vais pas me retenir, je risque de la casser.
**Patrick** : Sika, tu vas me tuer.
**Sika** : Tu pensais que si ta femme veut me frapper, je vais la laisser faire, ou quoi ?
**Patrick** : Non, un peu de diplomatie.
**Sika** : Foutaise ! Ce n’est pas dans une villa louée qu’on va me fatiguer.
**Patrick** : Descends-moi ici, ma jolie.
A suivre.
Auteur : Les Chronique De Prisca Essie
Les Chroniques de Prisca Essie
14 Views

